Clinique

Et vous, vous avez la phobie des urinoirs ?


Les scientifiques n’en finissent pas avec les découvertes ; leur nouvelle étude démontre que les hommes ont la phobie des urinoirs. Alors qu’ils avaient récemment démontré que la phobie des maths est réelle, ils s’intéressent aujourd’hui à la manière dont la gent masculine se comporte vis-à-vis des toilettes publiques.

Malgré tous les moyens de lutte contre le syndrome de « la vessie timide », appelé parurésie par les scientifiques, le phénomène demeure. Même les urinoirs en forme de bouche ne parviennent pas à diminuer le stress des hommes dans les toilettes publiques.

Uriner dans les WC publics se plie à un code de conduite tacite entre les messieurs. Lorsque vous vous rendez dans les toilettes publiques, vous êtes censé tout simplement faire « pipi », éviter de regarder votre voisin dans les yeux, respecter son intimité, et vous éloigner si possible de 2 à 3 urinoirs. En résumé, vous devez vous mettre à l’aise sans toutefois attirer l’attention de qui que ce soit sur vous. Vu toutes ces contraintes, il n’est pas étonnant de voir que les hommes ont peur d’uriner dans ces endroits, alors que les dames y sont plus à l’aise et peuvent même y passer un agréable moment.

La parurésie, ou urinophobie

De nombreux hommes souffriraient de la parurésie. Ils auraient en fait peur d’uriner devant d’autres personnes, notamment dans les toilettes publiques. Cela est tout à fait normal, car il n’est pas toujours facile d’exposer son intimité au regard de personnes que nous ne connaissons ni d’Adam ni d’Ève. Selon les recherches, ce mal touche 1 à 7% de la population à divers niveaux. Dans ce lot, 90% sont des hommes.

Dans le but de déterminer les différences qu’il pourrait y avoir entre l’homme et la femme par rapport au sentiment d’anxiété et d’inquiétude ressenti au moment d’uriner dans les toilettes publiques, les scientifiques de l’Université of London ont mené une étude. Les résultats ont été publiés dans le Bristish Journal of Criminology et démontrent que les femmes sont moins anxieuses dans ces conditions.

Les hommes n’ont qu’à bien se tenir

Pour l’enquête, les scientifiques ont interrogé des volontaires qui sortaient de toilettes publiques situées dans des discothèques, des bars, des centres commerciaux ou des musées. Ils ont remarqué que les femmes se sentaient très à l’aise lorsqu’elles utilisaient les toilettes publiques. Ces dernières déclaraient même en profiter pour discuter avec leurs copines et créer de nouveaux liens.

Du côté des hommes, c’était tout le contraire. Plusieurs d’entre eux avouaient être traumatisés à l’idée de se rendre dans une toilette publique pour soulager leur vessie. Certains s’y sentent tellement intimidés qu’ils ne parviennent plus à uriner dès qu’ils franchissent le seuil de ces WC. Tout cela est dû au code de conduite susmentionné, dont le non-respect peut très vite faire monter la tension. En effet, les hommes ont autant peur d’être observés que d’être accusés d’avoir essayé de « mater » l’autre.

Le problème ne se trouve donc pas au niveau de l’action d’uriner, mais plutôt dans le contexte. Le principal souci, c’est le fait de se mettre « à nu » devant des inconnus, et de se dire que l’autre pourrait être en train d’évaluer plusieurs aspects tels que la taille de votre sexe, la force avec laquelle vous urinez, le temps mis, etc. C’est la raison pour laquelle, le fait par exemple de se mettre trop près de quelqu’un qui urine alors qu’il y a d’autres urinoirs libres plus éloignés, peut être considéré comme un signe de provocation. Dans ces conditions, impossible de vraiment se « mettre à l’aise ».

Changer l’arrangement des toilettes publiques

Les auteurs de l’étude supposent que changer la manière dont les toilettes publiques sont construites serait d’une grande utilité à ceux qui souffrent de la parurésie. Il leur faudrait des toilettes dans lesquelles ils se sentiraient en sécurité, pourquoi pas des WC comme ceux destinés aux femmes. Il se pourrait que ces dernières ne se sentent pas gênées tout simplement parce que leurs toilettes sont fermées et qu’elles sont les seules à savoir ce qu’elles y font.

Afin d’uriner paisiblement dans les toilettes publiques, il faudra s’accepter soi-même et ignorer les autres personnes qui ne pensent peut-être pas à ce que vous croyez. Un peu comme Manneken-Pis, cette statuette fontaine, emblème de l’esprit frondeur de la ville de Bruxelles, qui représente un garçonnet en train d’uriner, et qui distribue de l’eau, ou parfois même de la bière. Néanmoins, d’autres études devront être menées afin de déceler réellement ce pour quoi les hommes ont la phobie des urinoirs, tandis que les femmes ne souffrent pas de ce mal.



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